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Une électrode, ça ne se colle pas.

30 septembre 2025 par
Une électrode, ça ne se colle pas.
Melyssa

J’aimerais qu’on arrête de dire ça.

Qu’on arrête de banaliser ce geste.

Parce que non : une électrode ne se colle pas.

Elle se visse.

Dans la tête du bébé.

Dans son cuir chevelu.

À travers la peau. Avec un petit fil métallique.

On entre un outil. On fait un tour. Et on fixe.

« Ce n’est rien, c’est juste une électrode. »

Ce n’est pas rien.

C’est une intervention technique.

C’est une pénétration.

C’est une invasion dans l’intimité du bébé, dans un moment qui devrait être respecté, accompagné, entouré.

Et pourtant, on le fait comme on brancherait un capteur.

Souvent sans consentement éclairé, sans explication, sans délai pour poser des questions.

C’est pour surveiller, vous comprenez ?

Oui. Je comprends.

Je comprends l’intention de surveillance.

Je comprends la volonté de bien faire.

Mais je ne comprends pas la désinformation.

Je ne comprends pas qu’on dise “on va juste mettre une petite électrode” quand il s’agit d’un geste invasif sur le corps d’un bébé non encore né.

Je ne comprends pas qu’on le fasse par habitude, par routine, ou parce que "c’est comme ça ici.”

Est-ce qu’on a oublié qu’il s’agit d’un bébé vivant ?

Un bébé.

Pas une donnée.

Pas un tracé.

Pas un battement sur un écran.

Un bébé en train de naître.

Qui sent. Qui perçoit. Qui reçoit déjà les premiers gestes du monde.

Et les premiers gestes du monde, ce ne devrait pas être une vis dans le crâne sans qu’on ait même expliqué ce qu’on fait.

Est-ce qu’on peut dire stop à la banalisation ?

Je ne suis pas en train de dire “il ne faut plus jamais poser une électrode.”

Il y a des indications.

Il y a des moments où c’est nécessaire, utile, salvateur parfois.

Mais même dans ces cas-là, on peut le faire autrement.

On peut expliquer.

On peut demander.

On peut proposer.

On peut différer.

On peut choisir.

Il y a des alternatives. Il y a des voix.

On peut utiliser un monitoring externe.

On peut questionner les indications.

On peut peser les bénéfices/risques en conscience.

Et surtout… on peut rappeler que le consentement, même en salle de naissance, reste un droit fondamental.

Pas un détail logistique.

Pas une formalité médicale.

Un droit humain.

Pour toutes celles à qui on a dit : “on va juste vous mettre une électrode”

Alors qu’on n’a rien dit du tout.

Alors que vous n’avez pas compris.

Alors que vous n’avez pas osé dire non.

Je vous vois.

Je vous crois.

Et je me bats avec vous.


Mely


Lettre à Marcelle