Quand on plante des graines à l’école, toutes les mêmes, exposées au même soleil, dans les mêmes pots… elles ne germent pas toutes au même moment.
Et personne ne parle de "retard". On attend, on observe, on accueille.
Pourquoi alors ne supporte-t-on pas que les bébés prennent leur temps ?
Le dépassement de terme, c’est ce mot qui crée tant de pression, de peur, de doutes, comme si le corps des femmes était une horloge détraquée. Alors qu’en réalité… c’est juste la vie. La vraie.
Le terme n’est pas une deadline. C’est une estimation.
Cette fameuse date du terme, elle repose sur une vieille formule (la règle de Nägele, 1806 !) qui part du principe que toutes les femmes ovulent le 14e jour d’un cycle de 28 jours. Spoiler : c’est faux pour la majorité.
Même les échographies de datation ont une marge d’erreur. Et pourtant, à 40 SA + 1 jour, la panique commence. On agite les protocoles, les risques, les déclenchements. Comme si le bébé devait sortir par obligation contractuelle.
Ce que les femmes racontent, ce sont des messages constants :
“Toujours pas né ?”
“Va falloir le faire sortir, hein !”
“Il va se faire appeler Désiré ton bébé.”
Elles parlent de leurs projets d’accouchement chamboulés.
D’un sentiment d’échec. D’avoir “raté la ligne d’arrivée”.
Certaines se sentent trahies par leur corps, ou même par leur bébé.
Alors qu’en vérité, elles ont juste besoin qu’on leur foute la paix.
Ce n’est pas tant l’attente qui fait peur. C’est l’environnement, les injonctions, les discours alarmants qui viennent polluer la confiance. Et parfois, c’est ce stress qui bloque le travail, qui empêche le corps de se lâcher, de se sentir en sécurité.
Parce que oui, accoucher, c’est comme faire l’amour : il faut de l’intimité, du calme, de la confiance.
Le terme ne devrait jamais être un couperet.
On peut suivre une grossesse au-delà de 40 ou même 41 SA, avec vigilance et bon sens : monitoring, échographie, vitalité du bébé, Bishop, etc.
Mais on doit surtout replacer les femmes au centre.
Les soutenir, les rassurer, leur rappeler que leur bébé viendra quand ce sera le bon moment.
Pas quand le protocole décide. Pas quand la belle-mère s’impatiente.
Et si on cultivait la patience ?
💌 Écris une lettre à ton bébé.
🔥 Brûle tes peurs et sème-les dans un pot.
🌿 Bois ta tisane de framboisier.
💚 Marche. Aime. Ris. Repose-toi.
🤍 Et n’écoute que ce qui nourrit ta paix.
Ce que tu vis, c’est peut-être ton dernier printemps de grossesse.
C’est intense, c’est lourd, mais c’est sacré.
Et le fruit tombera. Quand il sera mûr. Pas avant.
Mely