“Madame, votre bébé est trop gros. On préfère déclencher.”
Tu l’as peut-être déjà entendu.
Peut-être même bien avant le terme. Parfois dès la deuxième échographie.
Et c’est là que tout commence.
Pas le travail.
La peur.
On ne parle pas de taille. On parle d’étiquette.
“Gros bébé.” Deux mots. Une bombe.
Ce n’est pas un diagnostic.
Ce n’est pas une certitude.
C’est une projection.
Une peur qui s’installe dans la tête des pros… et finit par s’imprimer dans le corps des femmes.
Et très souvent, ça se termine en déclenchement.
Puis en césarienne.
Puis en culpabilité.
Et si c’était juste... un bébé ?
Un bébé avec un bon poids.
Peut-être comme sa mère à la naissance.
Comme son père.
Peut-être sans diabète. Sans pathologie.
Juste… l’enfant de cette famille-là.
Mais à force de parler de macrosomie, de dystocie des épaules, de bassin étroit,
on oublie l’essentiel : ce bébé est en train de se former exactement comme il doit être.
Une médecine qui prédit… et qui induit
Les estimations de poids à l’écho ont une marge d’erreur de 10%.
J'ai même déjà eu des bébé qui faisait 1Kg de moins que ce qui justifiait soit disant le déclenchement.
Souvent quand une maman est en surpoids on surestime son bébé a naitre.
Très vite, trop vite on parle d’induction.
On te fait peur avec ce bébé qui “ne passera pas”.
On te mesure. On te fige. On te prédit l’échec.
Et parfois, on enchaîne les interventions... jusqu’à la césarienne.
Même quand tout allait bien au départ.
Même quand ton bébé, au final, avait un poids tout à fait normal.
Le problème, ce n’est pas ton bébé.
C’est le contexte dans lequel on veut le faire naître.
Un accouchement allongée sur le dos,
avec des positions imposées,
des manoeuvres dirigées,
une cascade d’interventions…
Ce n’est pas neutre.
Ce n’est pas physiologique.
Et c’est souvent ça, qui complique l’arrivée d’un “gros bébé”.
Ce que la physiologie nous montre
En maison de naissance, on a vu des beaux bébés sortir en douceur,
parce que la mère était mobile, libre, en confiance,
parce que son bassin pouvait bouger, s’ouvrir, s’adapter,
parce que personne ne tirait, ne poussait, ne chronométrait.
Parce que ce bébé-là avait de la place.
Parce qu’il était aidé par la gravité, par l’eau, par la patience.
Parce qu’on ne l’avait pas traité comme une urgence.
Et puis finalement il est gros pour qui ?
Un bébé de 4 kg, c’est trop gros ?
Mais pour qui ? Selon quelle norme ?
Et si c’était simplement la norme de cette mère-là ?
De cette famille-là ?
On oublie que la diversité, elle existe aussi dans les ventres.
Tu as le droit de refuser un déclenchement basé uniquement sur une estimation de poids.
Tu as le droit de dire : “Laissez-moi essayer.”
Tu as le droit de faire confiance à ton bébé, à ton bassin, à ton instinct.
Peut-être qu’il faudra intervenir. Peut-être pas.
Mais tu mérites qu’on parte de la confiance, pas de la peur.
Mely